Pourquoi est-il si difficile de changer, même lorsque nous avons compris pourquoi nous fonctionnons ainsi ?
“J’ai compris pourquoi je fonctionne comme ça, mais ça ne m’empêche pas de continuer à faire pareil. Pourquoi ?”
C'est l'une des phrases que j'entends le plus souvent en accompagnement.
Une personne comprend enfin pourquoi elle n'arrive pas à dire non, une autre réalise que son perfectionnisme n'est pas une qualité, mais une stratégie pour ne pas être rejetée. Une mère prend conscience que, depuis des années, elle s'est progressivement effacée derrière son rôle pour ne pas faire défaut ou reproduire ce qui l’avait blessée, elle. Une dirigeante découvre que sa peur de déléguer est intimement liée à la peur de ne plus avoir de valeur.
Ces prises de conscience sont parfois bouleversantes, souvent éclairantes. Elles mettent enfin des mots sur ce qui semblait confus, elles donnent une cohérence à votre histoire et procurent aussi un certain soulagement.
Et pourtant, quelques jours ou quelques semaines plus tard, beaucoup me disent :
« J’ai compris. Mais ça ne m’empêche pas de réagir exactement de la même manière. »
Pourquoi est-il si difficile de changer alors même que nous avons compris ce qui se joue en nous ?
Parce que, contrairement à une idée largement répandue (et culpabilisante), comprendre un mécanisme psychologique ne suffit pas à le transformer.
Nos comportements ne sont pas uniquement gouvernés par ce que nous savons de nous-mêmes. Ils sont aussi façonnés par des apprentissages anciens, inscrits bien au-delà de notre capacité de réflexion consciente.
C'est précisément ce que montrent aujourd'hui la psychologie, les sciences cognitives, les thérapies cognitivo-comportementales et, d'une autre manière, la logothérapie.
Comprendre est indispensable, mais ce n'est que le début du changement. Je vous explique pourquoi.
Crédit photo : Studio Payol
La psychologie distingue deux formes de mémoire.
La mémoire explicite nous permet de raconter notre histoire et d'expliquer pourquoi nous fonctionnons d'une certaine manière.
La mémoire implicite, elle, enregistre des apprentissages émotionnels et relationnels qui deviennent, avec le temps, des réflexes. C'est elle qui nous pousse à vouloir être irréprochables, à nous effacer, à contrôler ou à faire passer les autres avant nous, sans même que nous en ayons toujours conscience.
Ces mécanismes ne sont pas toujours liés à un traumatisme. Ils sont souvent le résultat de centaines d'expériences répétées qui ont appris à notre cerveau que certains comportements nous protégeaient : faire plaisir pour préserver le lien, réussir pour mériter sa place, ne rien demander pour ne pas déranger, être indispensable pour se sentir aimé.e.
Or, notre cerveau ne cherche pas d'abord le bonheur ; il cherche la sécurité. Tant qu'il croit que ces anciennes stratégies sont les plus sûres, il continuera à les reproduire, même lorsque nous savons qu'elles nous empêchent de vivre pleinement.
C'est pourquoi les thérapies cognitivo-comportementales ne s'arrêtent pas à la compréhension : elles proposent de vivre de nouvelles expériences :
Dire non. Déléguer. Poser une limite. Accepter d'être imparfait. Accepter de décevoir autrui pour ne pas avoir à se décevoir soi.
Puis constater que la catastrophe redoutée ne se produit pas, ou qu'elle est supportable. C'est ainsi que le cerveau construit progressivement de nouveaux apprentissages.
La logothérapie ajoute une dimension essentielle : comprendre son passé est précieux, mais cela ne répond pas à une question fondamentale. La véritable transformation commence lorsque l'on cesse de se demander uniquement « Pourquoi suis-je devenu ainsi ? » pour s'interroger : « Que puis-je faire de ce que la vie m’a fait ? » Cette question nous remet en mouvement. Elle ouvre un espace de liberté entre nos conditionnements et nos choix. Elle nous permet d’actualiser nos compétences, nos ressources. De remettre nos valeurs au premier plan. D’affirmer ce qui compte, ce qui mérite notre implication, notre désir d’engagement.
Une prise de conscience n'est donc pas une arrivée. C'est une porte, un seuil, votre ligne de départ.
Le changement désiré naît lorsque cette compréhension devient une succession d'actes concrets, répétés, suffisamment nombreux pour que notre cerveau, notre corps et notre identité apprennent qu'une autre manière de vivre est possible.
C'est précisément l'objet du travail que je propose en coaching, en logothérapie, lors de séjours individuels ou des retraites : transformer une compréhension intellectuelle en une transformation durable, qui s’incarne dans vos choix, les relations et la manière de conduire votre vie.
Pour approfondir : emiliebriand@maisondesens.com ou au 06.07.53.15.16